• Saint Pierre Damien — évêque d’Ostie, doc­teur de l’Église (+ 1072)

    Con­fesseur et Doc­teur de l’Église.Il est orig­i­naire de Ravenne. Dernier enfant d’une famille pau­vre, orphe­lin très jeune, sou­vent mal­traité, il con­nut la faim dans son enfance. Tout en gar­dant les porcs, il étudie et cet écrivain-né est aidé par son frère Damien qui lui donne la pos­si­bil­ité de faire de bril­lantes études, ce pourquoi il pren­dra son nom. Très doué, il est d’abord enseignant, rhé­teur riche et pres­tigieux. La ren­con­tre de deux ermites l’amène dans un petit ermitage fondé selon l’idéal de saint Romuald. Il s’y voue à la prière, à l’ascèse, à l’é­tude des Saintes Écri­t­ures, à la con­tem­pla­tion, à la prédi­ca­tion aus­si. Son monastère lui demande d’être un maître en exégèse en même temps qu’il est un maître de la vie spir­ituelle. Nom­mé prieur à Font-Avel­lane, il est en rela­tion avec les grands monastères de son époque, comme Cluny ou le Mont-Cassin. L’Église con­naît une péri­ode dif­fi­cile où bon nom­bre de clercs, de prêtres et de moines, mènent une vie débauchée, en tout cas relâchée. En 1057, il est nom­mé car­di­nal-évêque d’Ostie et chargé de mis­sion à Milan, Cluny, Franc­fort, etc … Il sou­tient les papes dans leur action réfor­ma­trice, mais Léon IX est obligé de le tenir à l’é­cart à cause de plusieurs évêques. Plus tard, les papes suiv­ants lui don­neront d’im­por­tantes mis­sions offi­cielles de con­cil­i­a­tion et de réforme. Ses écrits spir­ituels, ouvrages, let­tres et ser­mons ont fait de lui un doc­teur de l’Église.Illustration: extrait d’un tableau de Ercole de’ Rober­ti (1481) représen­tant saint Augustin et Saint Pierre Damien avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth.Héritiers de Pierre Damien­Le Saint-Père a reçu le 1 décem­bre 2008 le recteur, les pro­fesseurs, les étu­di­ants et le per­son­nel de l’U­ni­ver­sité de Parme (Ital­ie). Dans son dis­cours, il a par­lé de la leçon que nous a lais­sée saint Pierre Damien (1007–1072) qui a fait une par­tie de ses études à Parme et qui fut un réfor­ma­teur de son temps. Il a dit aus­si que ceux qui font des études uni­ver­si­taires “doivent être sen­si­bles au pat­ri­moine spir­ituel de saint Pierre Damien…, de son heureuse syn­thèse entre la vie d’er­mite et l’ac­tiv­ité ecclésiale, du rap­port har­monieux entre les deux aspects fon­da­men­taux de l’ex­is­tence humaine que sont la soli­tude et la com­mu­nion… Les nou­velles généra­tions ‑a-t-il ajouté- sont aujour­d’hui forte­ment exposées à un dou­ble risque dû prin­ci­pale­ment à la dif­fu­sion des nou­velles tech­nolo­gies infor­ma­tiques: d’une part, le dan­ger de voir de plus en plus se réduire sa capac­ité de con­cen­tra­tion et d’ap­pli­ca­tion men­tale sur le plan per­son­nel, d’autre part, celui de s’isol­er indi­vidu­elle­ment dans une réal­ité tou­jours plus virtuelle. C’est ain­si que la dimen­sion sociale éclate en mille morceaux, pen­dant que la dimen­sion per­son­nelle se replie sur elle-même et tend à se fer­mer à toute rela­tion con­struc­tive avec les autres”.Après avoir rap­pelé que le Car­di­nal Pierre Damien “fut un des grands réfor­ma­teurs de l’Église d’après l’an 1000”, le Pape a souligné que “toute véri­ta­ble réforme doit surtout être spir­ituelle et morale, et doit venir de notre con­science… Si nous voulons d’un meilleur envi­ron­nement humain en qual­ité et effi­cac­ité, il faut, avant tout, que cha­cun com­mence par se réformer lui-même, en cor­rigeant ce qui peut nuire au bien com­mun ou, en quelque sorte, lui faire bar­rage… L’ob­jec­tif de l’œuvre réfor­ma­trice de saint Pierre Damien et de ses con­tem­po­rains était de faire en sorte que l’Église devi­enne plus libre, avant tout sur le plan spir­ituel, mais aus­si sur le plan his­torique. De la même façon, une réforme uni­ver­si­taire n’est val­able que si elle se con­fronte à la lib­erté : la lib­erté d’en­seigne­ment, la lib­erté de recherche, la lib­erté de l’in­sti­tu­tion académique au regard des pou­voirs économiques et poli­tiques. Cela ne sig­ni­fie pas l’isole­ment de l’u­ni­ver­sité par rap­port à la société, ni qu’elle doive être sa pro­pre référence, ni, non plus, la pour­suite d’in­térêts privés en prof­i­tant des ressources publiques… Selon l’É­vangile et la tra­di­tion de l’Eglise, est vrai­ment libre toute per­son­ne, com­mu­nauté ou insti­tu­tion qui répond pleine­ment à sa nature et à sa voca­tion”. (source: VIS 081201)- André Can­tin, Saint Pierre Damien (1007–1072) Autre­fois — aujour­d’hui, Édi­tions du Cerf, 2006.Benoît XVI a évo­qué le 9 sep­tem­bre 2009 saint Pierre Damien (Ravenne 1007- Faen­za 1072), un moine qui soutint ardem­ment la réforme de l’Eglise engagée au XIe siè­cle par la papauté. Saint Pierre Damien fut en tout un “moine”, vivant selon des principes d’austérité que l’on pour­rait con­sid­ér­er de nos jours comme exces­sifs. “Il œuvra afin que la vie religieuse pro­pose un témoignage vivant du pri­mat de Dieu et un appel à la sanc­ti­fi­ca­tion de tous, loin de tout com­pro­mis mondain. Il s’in­vestit totale­ment, avec grande cohérence et grande sévérité, dans la réforme gré­gori­enne, plaçant toutes ses forces, physiques comme spir­ituelles, au ser­vice du Christ et de l’Eglise”.Mémoire de saint Pierre Damien, évêque d’Ostie et doc­teur de l’Église. Entré dans le ‘désert’ de Font-Avel­lane, il se fit le pro­mo­teur ardent de la vie religieuse et, à une époque dif­fi­cile de réforme de l’Église, il rap­pela avec force les moines à la sain­teté de la con­tem­pla­tion, les clercs à une vie sans reproche, le peu­ple à la com­mu­nion avec le Siège apos­tolique. Il mou­rut à Faen­za, en Romagne, le 22 févri­er 1072.