• Saint Lau­rent de Rome — Diacre et mar­tyr à Rome (+ 258)

    - (Vat­i­can News, 10 août 2021) les pau­vres sont “les tré­sors de l’Église”, selon la “Depo­si­tio mar­tyrum”, le diacre de l’Église de Rome a été mar­tyrisé sur la Via Tiburtina pen­dant les per­sé­cu­tions de l’Empereur Valérien, le 10 août 258.La “pas­sio” de St Lau­rent, rédigée au moins un siè­cle après sa mort, n’est pas crédi­ble. Le réc­it pré­tend que Lau­rent, diacre du pape saint Sixte II, fut mis à mort trois jours après le mar­tyre de ce dernier et qu’il fut brûlé à petit feu sur un gril, ce qu’on ne souhaite à per­son­ne. La plu­part des auteurs mod­ernes esti­ment qu’il fut décapité, comme Sixte. Quoiqu’on pense de la valeur des “acta”, il n’en reste pas moins que Lau­rent a tou­jours été vénéré, en Ori­ent comme en Occi­dent, comme le plus célèbre des nom­breux mar­tyrs romains (voir la liste chronologique, autour des années 258–259…). Les écrits des saints Ambroise, Léon le Grand, Augustin et Pru­dence témoignent de ce culte(*).Son nom est cité dans la pre­mière prière eucharis­tique. Il est représen­té comme diacre, ten­ant un gril ou couché dessus.Diacre de l’Église de Rome, auprès du pape saint Sixte II, il a pour fonc­tion d’être le gar­di­en des biens de l’Église. Lorsque l’empereur Valérien prend un édit de per­sé­cu­tion inter­dis­ant le culte chré­tien, même dans les cimetières, il est arrêté en même temps que le pape et les autres diacres. Ils sont immé­di­ate­ment mis à mort, mais lui est épargné dans l’e­spoir qu’il va livr­er les tré­sors de l’Église. Voy­ant le pape marcher à la mort, Lau­rent pleure. Est-il donc indigne de don­ner sa vie pour le Christ? Saint Sixte le ras­sure, il ne tardera pas à le suiv­re. Som­mé de livr­er les tré­sors, il rassem­ble les pau­vres, les infirmes, les boi­teux, les aveu­gles. “Voilà les tré­sors de l’Église.” Il est con­damné à être brûlé vif sur le gril. Il a encore le sens de l’hu­mour et un courage extra­or­di­naire : “C’est bien gril­lé de ce côté, tu peux retourn­er,” dira-t-il au bour­reau. Il fut l’un des mar­tyrs les plus célèbres de la chré­tien­té. Au Moyen Age, avec saint Pierre et saint Paul, il était le patron de la Ville éter­nelle où 34 églis­es s’él­e­vaient en son hon­neur. 84 com­munes français­es por­tent son nom. (*) un inter­naute nous sig­nale: “Le peu­ple de Dieu dit Saint-Augustin, n’est jamais instru­it d’une manière plus prof­itable que par l’ex­em­ple des mar­tyrs. Si l’élo­quence entraîne, le mar­tyre per­suade. Cette admirable force d’âme for­ti­fi­ait les autres en leur don­nant le mod­èle de ses souf­frances.” Dans notre église — Saint-Pierre à Den­guin (GoogleMaps) en Béarn (Pyrénées Atlan­tiques) — se trou­ve une copie de son mar­tyre par Rubens en 1622. Il y est invo­qué pour guérir les brûlures, les mal­adies de peau… Saint Lau­rent patron des rôtis­seurs est représen­té en Saône et Loire dans plusieurs églis­es dont Rul­ly Saint Léger sur Dheurne et Saint Lau­rent d’Andenay.Dans son désir de partager le sort du pape Sixte II jusque dans son mar­tyre, comme le rap­porte saint Léon le Grand, quand il reçut l’or­dre de livr­er les tré­sors de l’Église, il mon­tra au tyran les pau­vres, nour­ris et vêtus aux frais de l’Église, et au bout de trois jours, il tri­om­pha des flammes et même les instru­ments de son sup­plice dev­in­rent les signes de sa vic­toire. Ses restes furent déposés à Rome, sur la voie Tibur­tine, au cimetière de Cyr­i­aque (le Cam­po Verano).